INDEMNISATIONS DES VICTIMES : Entre recadrage et cacophonie gouvernementale

http://www.guineeconakry.info/typo3temp/_processed_/csm_sow2_7126f09c05.jpgDepuis une certaine sortie médiatique du ministre délégué des Guinéens de l’étranger au siège du RPG-arc-en-ciel, la question de l’indemnisation des victimes des pillages économiques lors des manifestations politiques, s’impose au-devant de la scène.

 

Ce jour-là, se laissant sans doute porter par la grande mobilisation des militants du parti présidentiel, Sanoussy Bantama Sow déclare, péremptoire : « Personne ne sera remboursé parce qu’il a été pillé au cours d’une manifestation politique ! ». Il n’en fallait plus pour que les membres du Groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA) en général et son président, Chérif Abdallah, montent au créneau.

Au-delà du sort spécifique des victimes, la sortie de Bantama est de nature à remettre le maigre consensus obtenu au cours du dialogue politique de 2013. D’où la nécessité pour Me Cheick Sacko de remettre les choses en place. Mais au passage, le gouvernement en tant qu’institution aura fait deux communications contradictoires.

Manifestement résolu à fermer une parenthèse malencontreusement ouverte par son homologue des Guinéens de l’étranger, le ministre de la justice ne va avec le dos de la cuillère. De même, il ne soucie de frustrer personne. Il se croit d’autant plus fondé à faire sa communication, qu’étant désormais un des acteurs du dialogue politique, il pense qu’il est de sa mission de sauver ce qui peut encore l’être. Quitte à désavouer un collègue. C’est ainsi que Me Cheick Sacko déclare, sans ambages : « En tant que garde des sceaux, en tant que gardien de la loi, évidemment le principe d’indemnisation des victimes, il n’y a pas de doute là-dessus ». A en croire le ministre de la justice, de débat, il ne peut y avoir que sur la procédure devant notamment déboucher sur la fixation du montant dévolu à telle ou à telle autre victime. Mais, réitère-t-il, non sans une certaine fermeté : « le principe sera respecté 

En voilà qui devrait certainement apaiser le camp de Chérif Abdallah. Ayant entendu le discours qu’elles souhaitaient entendre, les victimes remettront certainement leur menace de marche à la prochaine. De ce point de vue, le ministre de la justice pourrait avoir atteint son objectif, à savoir : réparer la gaffe de Bantama Sow, en apaisant le front qu’il a ouvert. Mais la sortie décidément inappropriée du ministre délégué, a eu un autre effet ; celui de donner de la communication gouvernementale une image d’incohérence.

C’est à croire que dans le gouvernement de Mohamed Saïd Fofana, chacun peut dire ce que bon lui semble et quand il le veut. La preuve n’est-elle pas d’ailleurs donnée par le fait que ce soit le ministre de la justice qui ait joué au sapeur-pompier. Où était le premier ministre lui-même ? Lui dont on dit qu’il est le garant du dialogue et de l’entente social.

Lu sur Guineeconakry.info

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