Des révélations sur la farine recyclée à Conakry

Conakry. Les marques  « Bravo » et « Le Chef » du Libanais TAFAGUI dans les mailles de la lutte contre le grand banditisme. Les dessous d’un flagrant délit.

 

C’est une histoire de « Le Chef » et du « Bravo », on se croirait dans un film cowboy. Un chef bandit et un bravo. Nous sommes face à un cas très sophistiqué de manipulation de produits périmés impropres à la consommation. La marque « Le Chef » qui est tombée dans les filets de l’Agence de lutte contre le grand banditisme, du Colonel Tiègboro Camara, que tout le monde a vu à la télé n’est en fait qu’un leurre, c'est-à-dire, un subterfuge qui cache la vérité, tel l’arbre qui cache la forêt. La vraie farine empoisonnée c’est la marque « Bravo » très présente sur le marché : patatras ! Nous sommes fichus. Empoisonnement à ciel ouvert : mode d’emploi.

« Bravo » est une marque de farine vendue sur  le marché guinéen. Pour un grand banditisme, c’en est « Un » grandeur nature. Une descente de la Brigade de lutte contre le banditisme, du Colonel Tiegboro, le 11 septembre,  dans un dépôt sis à Matam a permit de découvrir une grosse filière sophistiquée d’empoisonnement des paisibles populations de consommateurs  guinéens. C’est d’autant plus grave, qu’il s’agit d’un produit stratégique qui entre dans la nourriture de tous les jours, de monsieur tout le monde, car c’est du pain qu’il est question.

Qui est- qui n’a pas déjeuné avec du pain, ce bon matin ? Peut être, même ce soir, vous allez dîner avec un petit plat accompagné d’une miche de pain. 

Sur les faits

Des tonnes de farine, déversées à même le sol dans des conditions des plus insalubres, ont été découvertes dans un centre clandestin de reconditionnement dans la commune de Matam. La farine pourrie était traitée et rechargée dans des sacs de marque « Le Chef ».

‘’Lorsque j’ai été informé, je me suis transporté sur les lieux et demandé à voir l’intérieur du magasin. Bloqué à la porte par des surveillants qui montaient la garde, l’officier de police judiciaire a voulu en savoir plus sur ce qui tramait derrière la porte toujours fermée. Ils ont tenté de nous corrompre. Mais nous avons résisté. Une fois a l’intérieur, nous n’avons trouvé personne si ce n’est des sacs de farine pourrie et moisie’’, révèle le colonel. Moussa Thiegboro Camara.

 

Cette farine à cause de sa moisissure est devenue solide, comme des morceaux de ciment dur. Des journaliers sont recrutés pour la piler, la mettre en poudre, la tamiser et la remettre dans des sacs estampillés « Le Chef » sur les quels sont écrits TAFAGUI, du nom d’un Libanais très connu dans le milieu. Pire, sur les images projetées sur le petit écran, sur les mêmes sacs on pouvait lire distinctement les dates de production (octobre 2013) et d’expiration (juillet 2014). Nous sommes le 17 septembre, autrement dit à 2 mois de plus. Dès lors, l’on est fondé de conclure que l’acte était délibéré. L’auteur pris en flagrant délit est un habitué des faits.

 

 

 

La sophistication et le tour est joué 

Mode d’emploi

 

 

TAFAGUI, le propriétaire de la marque incriminée « Le Chef » est un importateur de produits dont la farine. Mais ce n’est pas rien que ça. Il a plus d’un tour dans son sac. Il est également propriétaire d’une autre marque de farine appelée « Bravo », oui bravo ! Comme vous l’entendez. Cette dernière marque est en fait son cavalier. « Le Chef » que tout le monde a vu n’est qu’un paravent. Les sacs exposés par la télé « Le Chef », ce soir du 11 septembre sont en fait destinés à être transbordés dans des sacs de Bigs Bags, comme s’ils venaient d’être débarqués du port, pour tromper les gens (Acte I). Ensuite, ils sont transportés vers un autre lieu où il a construit une station d’ensachage (Acte II). Le contenu de ces sacs « Le Chef » sera déversé dans des sacs de 50kgs de marque « Bravo » (Acte II)? C’est ce dernier qui sera vendu aux commerçants qui ne se douteront de rien (Acte III). Et notez-le bien, avec une autre date de production et de péremption (Acte IV). Et le tour est joué, bien joué. Qui est fou ?

 

Ce n’est pas une première. Le 29 septembre 2010, une fronde de commerçants distributeurs de la farine « Bravo », vendue par la société TAFAGUI, a donné l’estocade, en dénonçant  la mauvaise qualité de la farine en question. Il n’y a pas de doute que cette dernière est passée par le laboratoire de fraude, suivant le processus bien rodé décrit en 4 Actes. Grâce aux forces de l’ordre les locaux sont sauvés de justesse du saccage par les furieux qui se sont vus dupés. Le propriétaire TAFAGUI, le Libanais en question, propriétaire de la farine incriminée se serait défendu en accusant l’humidité, en cette période de grandes pluies. Qu’à cela ne tienne, une parade mal inspirée. A-t-on le droit de vendre une farine périmée ? Dans les lignes d’un confrère, il aurait argué que ce sont les gardiens qui ont volé des sacs de farine pourrie pour les écouler sur le marché, encore : Quel cynisme ?

 

Un récidiviste. C’est récurent. La marque « Bravo » est à l’index de façon répétitive, en toute impunité. A chaque fois qu’on se plaint, l’importateur place comme argument l’humidité ou le vol. Mais qui vole qui ? Qui nous vole notre santé, en ces périodes d’Ebola phobie, faut-il en rajouter à nos larmes et peines !!!

 

Il est aujourd’hui plus qu’urgent de d’intéresser à cette affaire. Il y va de la santé publique. Une affaire d’empoisonnement  doit nous inquiéter au plus haut degré. Les autorités à tous les niveaux devraient mettre les bouchées doubles pour s’intéresser à cette affaire. Il est primordial qu’une équipe composée du Ministères de la Santé Publique, du Commerce et de l’Industrie, de l’Économie et des Finances, et en premier, les commerçants, les boulangers ainsi que les membres de l’association des défenseurs des consommateurs soit mise en place pour enquêter sur la farine « BRAVO » débarquée à l’entrepôt de TAFAGUI. Il y va, une fois encore, de la santé des populations. / .

 

Diallo Adama Hawa

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