Opinion: Béa Diallo à Alpha Condé et à Cellou Dalein : « Votre union fera de vous des grands hommes et des exemples pour notre continent qui en a tant besoin »

Monsieur le Président de la République de Guinée,

Monsieur le Professeur Alpha Condé,

Monsieur le Chef de file de l’opposition,

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Je me permets de vous adresser ce courrier pour vous dire NON !

 

« Non », c’est sans doute le mot le plus important de l’histoire de notre Nation, celui qui, lors du référendum du 28 septembre 1958, nous a donné l’immense responsabilité de notre indépendance.

Cette indépendance nous a conduits à plus de 50 ans de dictature.

En 2010 nous avons eu la chance d’avoir enfin des élections libres et transparentes reconnues par la communauté internationale.

Aujourd’hui, j’ai peur pour notre belle Guinée. Les Guinéens et Guinéennes ont peur car l’heure est grave. (Manifestation, affrontement entre les  forces de l’ordre et les jeunes, agressions, insécurité, meurtres, etc…)

Alors, Monsieur le Président, Monsieur  le Chef de file de l’opposition, à mon tour, comme l’ont fait si dignement les anciens lors du grand référendum, de dire NON.

NON à tous ceux qui par des positions ethniques marquées diviseraient la Guinée au risque de provoquer des luttes fratricides, voire une guerre civile.

NON à tous ceux qui cherchent à ramener notre Guinée à ses jours les plus sombres.

Notre pays vit des heures graves. Sans doute parmi les plus importantes de son histoire : celles qui peuvent nous apporter la grandeur ou l’horreur. Soit vous vous unissez pour aller vers des élections démocratiques en appelant à la paix et à l’unité nationale, soit vous jetez de l’huile sur le feu des divisions et nous risquons une guerre civile. Aujourd’hui, vous pouvez choisir la teneur du texte qui suivra votre nom dans les livres d’histoire.

Dans ce contexte crucial dont dépendent la sérénité et l’avenir de notre belle Guinée, à la demande de nombreux Guinéens et Guinéennes de toutes ethnies, je voudrais vous rencontrer tous les deux pour vous faire une proposition de sortie de crise.

Entendez que les Guinéens ne veulent plus revivre le jour maudit des massacres du 28 septembre 2009, le jour le plus triste de ma vie. Ce stade au nom sali, où j’avais vécu tant de joies et d’émotions sportives, allait par la folie sanguinaire d’une meute d’assassins devenir le site le plus sinistre de notre pays. Les larmes de joies que j’y avais connues sont devenues à tout jamais des larmes de sang, qui tombent pour les plus de 150 morts, pour les enfants blessés et les femmes violées.

Nous voulons une Guinée nouvelle, réunissant anciens, femmes et jeunes, civils comme militaires sans considération ethnique, dans une dynamique unitaire seule capable de donner sérénité et prospérité à notre pays.

Le temps de l’unité est enfin à notre portée, condition nécessaire à un développement prospère.

Oui, je vous demande à votre tour de dire :

NON au chaos !

NON à Ebola, qui s’est nourri de ce chaos !

NON à la division !

NON aux extrémistes de tout bord !

Oui à un pays uni, organisé, ouvert, auquel chacun peut contribuer en jetant vers l’avenir un regard serein.

Votre union fera de vous des grands hommes et des exemples pour notre continent qui en a tant besoin.

Comme disait Mandela :  » Cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’on le fasse ».

Aujourd’hui, vous pouvez choisir la teneur du texte qui suivra votre nom dans les livres d’histoire.

Bruxelles, le 29 mai 2015

Lansana Bea DIALLO 

Président Mondial du Mouvement Guinée Nouvelle (MGN).

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