Hassane KABA, journaliste : ‘’En termes d’apport financier, la majorité des medias guinéens ne bénéficient pas 5 ou 10% du marché publicitaire’’

Hassane KABA, journaliste

Ils sont hommes des medias. Vous parlent derrière un micro (Radio), derrière un petit écran (télévision). Ou vous les lisez sur du papier (Presse Ecrite), en ligne (Internet). Mais vous ne les avez jamais eus en personne face à un autre journaliste. La rubrique ‘’Avec un confrère’’ vous gratifie, en vous offrant des interviews de meilleurs journalistes guinéens du moment.

 

 

Pour ce septième numéro, la rédaction de Guineewebinfo© a eu langue avec Hassane KABA, journaliste, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Standard. Avec lui, nous avons évoqué des problemes auxquels sont confrontés les journalistes, du coup, les médias, son expérience dans ce métier noble, son ambition pour la Haute Autorité de la Communication (future institution régulatrice des médias(en lieu et place du CNC, ndlr)…Entretien exclusif.

 

Guinéewebinfo,net© : Votre opinion critique sur la pratique du métier de journaliste en Guinée

                 

 Hassane KABA : Écoutez ! C’est un métier très passionnant. Très important. Pour ne pas dire indispensable à la bonne santé démocratique d’un pays. Parce que sans la presse libre et indépendante, on ne saurait parler de raffermissement de la liberté et des droits de l’homme. On l’a surtout constaté pour le cas de la Guinée.

 

Lorsqu’il n’y avait qu’seul son de cloche. Ce qu’on appelait autrefois la voix du maitre, du temps de la révolution. Pendant 26 ans, il n’y a eu que les médias d’état  surtout la voix de la révolution ou autre qui avait droit de cité en République de Guinée. Dans les années 90, après un léger forcing, les premiers organes indépendants ont vu le jour. Depuis lors, il y a eu beaucoup d’avancée. On peut se féliciter d’un fait aujourd’hui : la Guinée à l’image de beaucoup d’autres pays démocratiques ou en voie de démocratisation dispose de beaucoup d’organes aussi divers que diversifiés permettant aux uns et aux autres de s’exprimer librement.

 

Maintenant, le journaliste, élément incontournable et indispensable pour ne pas dire au centre…rencontre aujourd’hui un problème d’envergure : c’est un métier qui ne nourrit forcément son homme. C’est dommage ! Il ne saurait avoir véritablement de liberté d’action, de penser, sans liberté économique dans une certaine mesure…lorsque vous avez des journalistes insuffisamment rémunérés ou qui ne le sont pas du tout, cela donne naissance à ce qu’on appelle le journalisme alimentaire. C’est un mode de journalisme qui a existé, qui continue d’exister très malheureusement. Ce n’est pas souhaitable dans un pays en voie de démocratisation comme le nôtre.

 

Étant donné que si vous avez des journalistes-franchement-qui ne font correctement leur travail. Au lieu de servir la cause de la démocratie, ils deviennent plutôt un danger. Aujourd’hui, il y a des approches de solution, malgré que rien de concret n’est mis en place : y a des propositions de convention collective, de regroupement  pour avoir des entreprises fortes mais ce n’est pas encore effectif très malheureusement ; dans la plupart des cas, les journalistes  ne sont pas bien payés. Si ça continue ainsi, la relever va être difficilement assurée. Sans compter ce rôle primordial, essentiel, joué par le journaliste va se détériorer au fur et à mesure ou perçu autrement.

 

Justement les patrons de presse évoquent des problèmes d’étroitesse du marché publicité, les journalistes eux,  parlent de cupidité des patrons, pour une rémunération conséquente et des conditions de travail acceptables pour faire face sagemment à leur profession. Votre panacée ?

 

J’ai été des deux côtés de la barrière. J’ai évolué au sein d’un groupe de presse de la presse pendant près de 15 ans et demi. Principalement 8 ans comme Directeur des Publications  et 7 autres années et mois comme journaliste. Même parfois comme reporter, journaliste de terrain

 

Donc, dans un premier temps, j’ai été du côté des employés, ensuite je devenu employeur. En 207, j’ai mis en place mon organe de presse : Le standard (d’abord bimensuel et maintenant hebdomadaire, ndlr).

 

Ce que mes confrères oublient parfois-ils sont dans leur droit, il faut qu’on améliore leurs conditions de vie et de travail c’est indéniable, c’est même une exigence de la bonne santé de la démocratisation, du rôle que nous devons assumer- C’est le réalisme. Il faut être réaliste. C’est vrai qu’il y a  des contraintes : le lourd fardeau de l’inexistence des salaires franchement minables.

 

De l’autre côté, pour qu’un patron de presse puisse bien rémunérer ses employés, les journalistes, faudrait que lui-même soit en mesure d’engranger  des bénéfices, de pouvoir faire fructifier ses affaires. Rappelons-le, un organe de presse c’est une entreprise comme toute autre qui a besoin de faire des bénéfices pour fonctionner parce qu’il y a des charges inhérentes et toutes ces charges sont à assumer correctement.

 

Or, de façon générale, la pratique voudrait- J’en ai pour preuve le fait que j’ai eu la veine faire un stage à l’extérieur de la Guinée au sein de certaines entreprises de presse de renommée internationale : le journal de Montréal- que les 70% des charges  d’une entreprise de presse doivent être assumées par les recettes et les annonces. Lorsque cela n’est pas possible, ce n’est pas facile de faire des bénéfices. Sans bénéfices, amélioration du chiffre d’affaire au sein d’une entreprise, ce ne sera pas facile… De l’autre cote, la demande forte des employés (les journalistes) sont comme tous ceux qui aspirent à vivre décemment de l’exercice de leur travail. Quand cela n’est pas possible,   et aujourd’hui, vous évoquiez tout à l’heure, l’étroitesse du marché publicitaire et des annonces, c’est effectivement le cas en Guinée. Je mets quiconque au défi, à l’exception notable  de 2 ou 3 organes et tout organe confondu. Mais la majorité confondue des organes de la place ne bénéficient mêmes pas, en terme d’apport financier, de 10% ou de 5% de marché publicitaire ou des annonces. Cela veut dire que le marché publicitaire est quasi-inexistant.

 

Très malheureusement si vous êtes engagés par conviction, par devoir, par engagement  à vouloir vaille que vaille  continuer, il faut trouver des  revenus ailleurs. Ce qui pousse très malheureusement certains des nôtres à s’orienter vers des mesures, des solutions qui ne sont pas toujours les bonnes. Ce qui débouche parfois à ce que nous avons déploré en premier lieu : le journalisme alimentaire…Cela n’est pas souhaitable. Une entreprise de presse pour qu’elle soit viable, il faudrait qu’il y ait un apport de capitaux financiers. Mais qui ne soient pas, à la limite, de l’argent sale sinon y a des problèmes d’éthique, de déontologie qui se posent inéluctablement.

 

En tant que président de l’AGEPI (association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante, ndlr), vous arrive-t-il souvent entre patrons de presse de procéder à des réflexions pour faire face à l’étroitesse du marché publicitaire dans l’optique de l’élargir pour mieux répondre aux difficultés?

 

Les organes vivent essentiellement des revenus publicitaires (70%). En second, la vente pour les journaux (30%). J’assume actuellement les fonctions de président de l’AGEPI, autrement dit les journaux de la place existant membres. Entre patrons de presse dans nos discussions parfois, il y a des soucis partagés. Il est indispensable qu’on en discute. Lorsqu’on en discute pas, il y a certains faits qui nous rattrapent rapidement : le prix du journal sur la place ; on a dû passer de 200 fg à 3000 fg le journal presqu’en catastrophe.

 

Depuis plusieurs mois, le prix de 300 fg ne correspond à la réalité de nos charges ou de nos dépenses. Pour équilibrer plus ou moins les choses, il aurait fallu vendre aujourd’hui le journal à 8000 fg mais prenez le cas de jeuneafrique, voyez la courbe des prix qui a été pratiquée au niveau de la vente de cet hebdomadaire international en Guinée. Comparativement, les journaux qui sont faits en Guinée et soumis à des charges : les intrants, les papiers rame, les plaques d’imprimerie, les frais d’impression et tous les autres accessoires…tout ceci reuni fait que le journal devient de plus en plus cher en terme de production.

 

D’autre part, il faut pouvoir vendre le journal sur le marché. Déplorable ! Il n’existe pas un circuit professionnel de distribution  de journaux. La plupart des journaux produits ne franchissent même pas KM36. À limite si on en trouve du côté de Hamdallaye, Dixinn et à l’aéroport ; parfois par miracle du côté de Matoto. Aussi tous les journaux édités se vendent particulièrement dans une petite partie au centre-ville de la capitale. Tout l’intérieur qui devait être couvert par tous les journaux.

 

En termes de droit à l’information, il n’y a pas que les citoyens de Conakry qui en disposent. Ceux de l’intérieur devraient être aussi servis par nos journaux. Hélas ! À cause de l’absence d’un circuit professionnel de distribution, de moyens adéquats dans un sens, cela ne se fait pas. Donc, les journaux se vendent très peu. S’empilent parfois au niveau des vendeurs dans le centre-ville. Et le marché dans ces conditions a l’air d’être étroit mais dans les faits les tirages des journaux sont insignifiants car il n’y a pas cette possibilité de faire comme dans certains pays limitrophes à la Guinée : la Cote D’ivoire, le Sénégal ou vous avez beaucoup de quotidiens.

 

En Guinée, à ce jour, il n’y a qu’un seul organe qui voudrait devenir quotidien mais ne parait que 4 fois dans la semaine.  Tous les autres sont des hebdomadaires ou  des bimensuels ou des mensuels.  Aucun titre ne tire à 10 000 ou 20 000 exemplaires. Or, dans les pays limitrophes vous avez des quotidiens qui tirent parfois à 50 000 exemplaires voire 75 000. Donc, en termes de vente, il est possible d’envisager des bénéfices par rapport à des ventes faites sur une échelle grande de production. Comme vous avez des productions faibles, ce n’est pas possible de le faire. Cela réduit davantage nos moyens sans compter qu’il y a certaines pratiques néfastes comme la duplication illégale de certains journaux.

 

C’est-à-dire que lorsque vous allez à l’imprimerie pendant qu’on imprime votre journal, y a certains petits malins  qui font de doubles tirages, qui alimentent en même temps une sorte de marché parallèle, ce qui contribue à votre mévente. Aggravant du coup vos problemes. Y a toutes ces difficultés qui existent aujourd’hui qui font qu’en termes de recettes, de bénéfices, il y a énormément de difficultés. Conséquemment avec quels moyens adéquats, réels de rémunérer des journalistes totalement acquis à la cause  de la conscience professionnelle et qui seraient vraiment aguerris, préoccupés seulement que par le désir de bien faire lorsqu’ils sont mal rémunérés. Là, le problème il existe, il est difficile. Je crois que l’État guinéen depuis quelques années a pensé comme ça qu’à travers l’institution d’une sorte d’assistance publique aux organes, aux médias qu’il était possible de booster, d’aider à faire avancer les choses. C’est vrai, c’est une démarche que nous avons, de tout temps, salué. C’est la subvention annuelle accordée par l’État.

 

Aujourd’hui, par rapport à cette subvention, pour l’exercice écoulé (2013, ndlr), il y avait à peu prés 3 milliards fg qu’il fallait repartir au niveau de tous les organes. D’autre part, les charges ont accru, il y a eu beaucoup de nouveaux titres aussi bien en termes d’audiovisuel que de presse écrite ; il y a un paysage énormément enrichi. C’est une bonne chose. La conséquence est immédiate, quand on procéder à la répartition de ce montant, ce qui atterri dans les rédactions est insignifiant. Ca ne résout pas tout à fait les problemes. Ce qu’il y a lieu de faire et qui est indispensable, c’est de faire comme les autres pays limitrophes à la Guinée : mettre en place un circuit professionnel de distribution. En ce qui concerne nos amis de l’audiovisuel radios et tv privées et même le public aussi, faudrait qu’il y ait une solution à a crise d’éléctricité. Vous avez des appareils-dans l’audiovisuel- à faire fonctionner, y a des journaux à imprimer … tout ceci a besoin d’éléctricité. Dans un pays ou la question d’électricité est encore entiére il y a manifestement problème. Itou, il faut veiller à mettre en place un réseau professionnel de distribution et dans le même temps il va falloir patienter  malgré tout parce qu’il y a cette tradition aussi de lecture qui, dans notre pays n’est pas aussi ancrée à l’image de la sous-région. Ailleurs, lorsque le citoyen se réveille pour prendre le petit déjeuner, c’est avec le journal qu’il achete en même temps que son pain. Cette tradition n’existe malheureusement pas encore dans notre pays. Y a très peu de nos compatriotes qui lisent. Or, l’information est capitale. Voyez un peu l’épidémie Ébola- qui sévît dans notre pays- je crois que l’élément central de la lutte contre cette épidémie-là c’est : l’information. Il faut donner la bonne information, pouvoir communiquer avec les stratégies qui conviennent, tout ça c’est important. Et lorsque vous n’avez pas la bonne information, la communication n’est pas bien faite, les conséquences ne se font pas attendre. Ça devient tout de suite des problemes énormes. Des médias économiquement viables, c’est indispensables à la poursuite de notre construction démocratique. Si vous avez  des médias qui se taisent, qui ne critiquent plus de façon objective ou constructive, la démocratie ira vers des lendemains plus compliqués. Ce n’est pas souhaitable. Au nom du droit à l’information du citoyen, qui doit être assuré par l’État guinéen, le droit à la diversité de l’information, la liberté d’opinion sont tous consacrés par notre constitution. À ce niveau, l’état est davantage interpellé pour essayer d’aider les professionnels  des médias à résoudre leurs problemes.

 

Votre avis sur la liberté de presse en Guinée ?

 

Relativement à beaucoup d’autres pays, la liberté d’opinion, d’expression dans notre pays se porte bien. C’est vrai que je n’irai pas jusqu’à dire que nous sommes dans une dynamique de perfection, non, ce n’est pas possible c’est un idéal. On peut toujours rêver mais cet idéal-là, on peut l’atteindre tout à fait.  Mais il faut reconnaitre que depuis quelques années maintenant, il est rare de  constater qu’un journaliste est interpellé ou emprisonné à tort. Qu’il y ait des atteintes graves aux droits du journaliste en la matière. Il faut le rappeler, c’est un apprentissage assez délicat, difficile. Lors de certains reportages jusqu’à présent il y a des pratiques parfois, heureusement, plus ou moins isolées d’atteinte aux droits du reporter qui sont toujours à regretter.

 

J’aime à le dire, dans un pays lorsque certains comportements existent depuis des décennies, il ne faut vraiment pas rêver, croire  qu’en un temps que toutes ces pratiques-là vont disparaitre comme par enchantement. Nous sommes dans une dynamique de reconstruction ou de construction de la démocratie depuis l’organisation des dernières élections présidentielles, la Guinée a été régulièrement par les deux mains par la communauté internationale. Tant mieux.

 

Par ailleurs, il y a des sacrifices encore à consentir. Il y a une sensibilisation à faire pour dire aux uns et aux autres, ces atteintes-là même si, moi je les qualifierais de plus ou moins mineures, on ne peut venir à bout de toutes ces atteintes qu’avec le temps appuyé par un degré de professionnalisation plus poussé des journalistes. C’est-à-dire, il faudrait que nous soyons en mesure de faire correctement notre travail pour ne pas prêter le flanc  à certains combats qui ne nous concernent pas en premier lieu.

 

Par deux fois et qualité de président de l’AGEPI, vous avez rencontré-en compagnie d’autres associations de presse- le président de la République, certainement, des problemes que rencontre la presse ont été évoqués aussi des solutions à apporter par l’État pour plus  qualification et de responsabilité des journalistes. Qu’est-ce qui s’est dit entre vous patrons de presse et le chef de l’État ?

 

C’était à deux occasions, le chef de l’État a rencontré les ^principales associations de presse évoluent dans notre pays. Ca été des occasions franchement salutaires que nous avons tenu, à l’époque à saluer aussi l’audiovisuel que la presse écrite. À ces différentes occasions, le président Condé nous a attentivement écoutés. Dans un premier, nous avons évoqué  de tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés, en retour il nous dit qu’il en faisait siens. Je voudrai parler de ces problemes, il essayait avec tout son gouvernement de trouver des solutions idoines. Au niveau de certains organes, de nos amis des radios, il y avait des problemes spécifiques et il (le chef de l’État) avait fait venir tous les responsables concernés dont les ministres pour leur demander de continuer les négociations avec nos collègues de l’Urtelgui (Union Radios et Télévisions Libres de Guinée, ndlr) en vue de trouver des solutions par rapport à la question de la redevance et d’autres questions assez pertinentes.

 

On était dans cette dynamique-là. Il y a eu entre temps l’organisation des législatives et les prises n’ont pas continué pour aller au bout. Ce que le président avait fermement promis. Même si à un certain moment donné, c’est le ministre de la communication et d’autres ministres concernés qui devaient à ce qu’il y ait une poursuite dans les négociations, dans les discussions afin d’échanger utilement  pour trouver des solutions.

 

Que faut-il pour des journalistes plus responsables pour le respect de l’éthique et de la déontologie du métier de journaliste lui restituant ainsi ses lettres de noblesse ?

 

On en parlera toujours. C’est meme devenu une routine.  On dira toujours qu’il faut une bonne formation, des journalistes aguerris, des journalistes au faite des règles d’éthique et de la déontologie. Il faut des journalistes patients, attentifs, qui doivent attendre le temps d’apprendre suffisamment. En d’autres termes, mettre à la tache des journalistes expérimentés. Moi j’aime reprendre cette citation de feu Felix Houphouet Boigny (ancien président de la Cote d’ivoire de 1960 à 1993, ndlr) : ‘’L’homme qui a faim, n’est pas un homme libre’’. La question cruciale aujourd’hui en Guinée par rapport à ce métier de journaliste, c’est de mettre tout en œuvre pour qu’on ait des entreprises de presse économiquement viables. Si elles ne sont pas économiquement viables, en mesure de payer conséquemment les journalistes de façon plus correcte, ça va être suffisamment  difficile de mettre en place cette presse qu’on voudrait responsable, engagée, dans le processus démocratique.

 

La liberté dans le sens de la citation du sage de Yamoussokro, ce n’est pas simplement l’absence de privation de liberté. Ce n’est parce que vous n’êtes pas en prison, libre de vos mouvements que vous êtes libre. Il doit y avoir la liberté de conscience aussi. Il y a cette possibilité d’agir en toute responsabilité de cause parce que vous êtes dans minimum de conditions pour pouvoir faire équitablement votre travail. Mais, lorsque vous avez des entreprises de presse non économiquement viables, mal équipées, ne bénéficiant pas de l’apport de journalistes suffisamment professionnels, aguerris…Il va de soi que le travail qui va en sortir sera un travail médiocre. Ce dont on n’a pas besoin en ce moment. Vous avez vu sous d’autres cieux, des entreprises de presse ou des journalistes alimenter des guerres fratricides. Ce n’est pas souhaitable pour la Guinée. Mais force est de constater qu’à un moment donné, lorsque vous preniez les différents  organes de presse en Guinée, tout de suite, vous vous rendez compte un peu de la copie conforme de ce qu’il se passe un peu sur l’échiquier politique national au niveau des protagonistes.

 

Or, nous (journalistes) ce n’est pas notre rôle, pas notre souci que de nous préoccuper de ce que les politiciens ont envie de faire entre eux. Les journalistes ont un cadre bien défini. Nous avons contribué par le passé assez positivement  à faire avancer le processus démocratique. Ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Comment se porte le journal le Standard 7 ans après sa création ?

 

Le tout premier numéro du Standard a été publié au mois de septembre 2007. Au début, nous en étions au bimensuel progressivement pour ne pas dire  très rapidement on est devenu hebdomadaire. Le Standard est aujourd’hui (16 avril 2014 date de réalisation de l’entretien, ndlr) à son 200 sur le marché, c’est un journal qui en train de faire son chemin mais qui est confronté à beaucoup de difficultés, qui a envie certainement de grandir davantage et de couvrir pourquoi l’ensemble du territoire national comme tous les autres organes devraient le faire…pour le moment ce n’est pas ce qu’il se passe.

 

Le Standard emploie aujourd’hui de jeunes journalistes dont nous avons vocation de contribuer à la formation. Ceux qui évoluent chez nous. Y a une grande satisfaction à ce niveau. Y a des jeunes sortants de Kountia (Institut supérieur de l’information et de la communication, ndlr) qui nous arrivent à qui il reste souvent beaucoup de choses à apprendre en termes de pratiques.

 

La formation est bâclée ?

 

Je ne dirai pas bâclée mais il ne faut pas jeter l’anathème dans le jardin de cette seule école de Kountia qui contribue, malgré tout, à former des journalistes. Les rôles doivent être partagés ou complémentaires. Une fois que ce travail est fait à la base ou à un certain niveau, nous en tant qu’entreprises  et responsables de ces entreprises-là, il faudrait continuer cette formation pour avoir des journalistes aguerris et surtout conscients de leur devoir.

 

Souhaitez-vous présider aux destinées de la future HAC (Haute Autorité de la Communication en passe de remplacer l’actuel Conseil national de la Communication, ndlr) avec la logique que tous les présidents de l’AGEPI pour la plupart ont été à la tête de l’institution de régulation des médias ?

 

(Rires). Les choses risquent de s’accélérer avec la mise en place de l’Assemblée Nationale, peut-être très bientôt, si ce n’est pas fait encore, le haut conseil de la magistrature, toutes ces institutions devraient avoir des représentants à la future HAC. Je ne suis insensible. J’entends effectivement souvent certains de mes prédécesseurs à la tète de l’AGEPI ont eu cette chance de devenir un peu plus tard président  du CNC pourquoi pas même ministre, pour certains d’entre eux, je voudrai éviter d’être précieux mais s’il m’est possible d’apporter ma pierre à l’édification de cette autre structure très  importante pour les médias, pourquoi pas. C’est une chose qui nous concerne tous, c’est notre chose à nous. Il y a les ainés qui sont là, qui ont beaucoup fait. Modestement, par rapport à d’autres, je représente aussi leur ainé, cela me fait une vingtaine d’années dans cette profession. À un autre lieu, si je peux servir les intérêts  de la presse, je ne m’en priverai pas mais cela devra se faire alors avec le consentement et l’accord de tous mes confreres en tout la majorité de mes confreres et qui, s’ils sont d’accord que je serve à cet autre niveau pas forcément en tant que président de la HAC même au sein de cette institution surtout si cela peut aider  à faire avancer les choses sur le terrain qui a commencé à être défriché par nos devanciers.

 

Votre dernier mot à l’endroit de la presse

 

Un mot d’affection, d’encouragement, de perséverance, d’espoir pour dire que comme on le dit souvent l’espoir nourrit. C’est vrai que quand vous voyez le nombre impressionnant de titres au niveau des journaux qui ont disparu, y a certains de nos confreres qui ont transhumé pour aller vers d’autres mondes de médias. Toujours est-il que c’est le même monde des médias. Il le faudrait à tous ces journalistes-là qui se sont donnés à fond, à la limite du sacrifice, laissés sur le carreau et qui ne sont pas suffisamment aidés, épaulés…Franchement qu’en retour qu’il y ait une prise de conscience collective au niveau et des associations de presse et des journalistes eux-mêmes pour qu’on se donne davantage la main pour organiser cette profession.

 

Entretien réalisé par SOW A. Djibril

 

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